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L'assemblée plénière des évêques de France s'est ouverte à Lourdes mardi 4 novembre...

Ci-dessous, discours d'ouverture du cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des Evêques de France.

Chers frères dans l’épiscopat,

Chers amis qui nous écoutez sur les ondes de KTO,

C’est, vous l’imaginez bien, avec appréhension et émotion, mais aussi avec confiance et avec joie, que je voudrais vous adresser quelques mots au seuil du travail de notre Assemblée plénière. À vrai dire, nous ne sommes plus sur le seuil, mais déjà dans le hall d’entrée, après cette magnifique séance inaugurale de ce matin, à l’écoute des paroles fortes, courageuses et stimulantes que nous a adressées le Patriarche Bartolomeos. Je désire avant tout rendre hommage au travail inlassable de communion de mon prédécesseur, Mgr Eric de Moulins-Beaufort : nous connaissons, cher Éric, le dévouement total que vous avez déployé dans cette tâche souvent délicate, la sérénité avec laquelle vous l’avez accomplie, parfois au milieu de tempêtes, et l’attention que vous avez portée à chacun d’entre nous. Votre présidence restera dans les mémoires : elle a imprimé une impulsion de fond à l’Église de France, dont nous continuerons de recueillir les fruits. Pour tout cela, nous vous renouvelons nos chaleureux remerciements.

Tout au long de cette semaine, nous allons devoir aborder bien des sujets, tenter d’élaborer bien des discernements, échanger entre nous et avec des experts sur la situation du monde, de notre pays et de notre Église, afin de pouvoir définir quelques orientations et prendre quelques décisions. Mais le plus important, nous le savons tous d’expérience, c’est de pouvoir vivre tout cela ensemble, unis au Christ dans la prière, à l’écoute de sa Parole, dans une collégialité simple et fraternelle, sans cesse renouvelée et interpellée par ce que l’Esprit souffle à nos oreilles à travers la vie, la vitalité, la créativité, mais aussi parfois la souffrance, l’impatience et parfois la sainte colère du peuple qui est à Dieu et dont il nous a confié la charge afin que « tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (I Tm 2, 4).

Je voudrais, pour ouvrir nos travaux, vous proposer d’abord quelques réflexions générales sur notre mission épiscopale aujourd’hui. Ce sont des choses que nous savons mais qu’il convient de se redire simplement, puis souligner quelques enjeux des chantiers que nous aurons à travailler cette semaine. Je commencerai donc par quelques réflexions, d’abord sur le service de la communion, puis sur la docilité à l’Esprit Saint, et enfin sur la passion du salut.

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Autres extraits :

(...) Je dois au pape Jean-Paul II d’avoir mieux compris, pour tout ce qui concerne la mission, l’urgence d’une solide théologie trinitaire et notamment d’une pneumatologie. Dans son encyclique du 18 mai 1986 sur l’Esprit Saint, Dominum et vivificantem, publiée quelques mois avant la grande journée de prière, de pèlerinage et de jeûne organisée à Assise le 27 octobre de la même année, le Pape écrit en effet : « Il est beau et salutaire de penser que, partout où l’on prie dans le monde, l’Esprit Saint, souffle vital de la prière, est présent. Il est beau et salutaire de reconnaître que, si la prière est répandue dans tout l’univers, hier, aujourd’hui et demain, la présence et l’action de l’Esprit Saint sont tout autant répandues, car l’Esprit “inspire” la prière au cœur de l’homme, dans la diversité illimitée des situations et des conditions favorables ou contraires à la vie spirituelle et religieuse » (n° 65).

(...) "L’Esprit qui souffle sur un diocèse est aussi celui qui souffle dans le cœur de l’évêque, quitte, quelquefois, à lui « souffler dans les bronches », c’est-à-dire à le réveiller et à le secouer, quand le confort de ses habitudes ou la paresse de son caractère l’empêchent d’être réactif et attentif aux appels de Dieu. Je parle d’expérience ! Mon prédécesseur, avant de partir, m’avait donné ce conseil d’une grande sagesse et d’une actualité constante : « Chaque fois qu’on augmente le poids de ta charge, toi, allonge le temps de ta prière. » Sinon – pourrait-on ajouter dans la veine de saint François – comment pourrais-tu te réjouir de tout ce que l’Esprit fait dans le cœur de ton peuple pour rendre encore plus féconde la tâche qui t’a été confiée ? Car te voilà devenu moissonneur de ce que tu n’as pas semé, pour la gloire de Dieu et non pour ta gloriole personnelle ! C’est donc d’abord dans la prière que se forge une certaine docilité au travail de l’Esprit, qui parfois peut bousculer les idées de l’évêque, le prendre par surprise, quelquefois même à revers. Mais l’Esprit prévient et accompagne toujours le cœur du pasteur pour que celui-ci, de docilités en conversions, accepte de se laisser configurer selon le Cœur de Dieu."

(...) "Lorsque Dieu disparaît du regard humain, la terre devient un bien à exploiter, l’autre un rival à craindre et la vie elle-même une marchandise. […] C’est de cette amnésie spirituelle que naissent la violence, la peur et l’injustice."  

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